Évaluer, c’est estimer, calculer, apprécier et porter un jugement sur la valeur ou le prix de quelque chose. L’évaluation peut se faire à court, moyen ou long terme.
Considérons l’histoire de la construction du tabernacle.
Dans Exode 25:9, Dieu dit à Moïse : « Vous ferez le tabernacle et tous ses ustensiles d’après le modèle que je vais te montrer. » Le verbe est au futur. Dieu annonce une action à venir.
Dans Exode 25:40, Dieu précise : « Regarde, et fais d’après le modèle qui t’est montré sur la montagne. »
Ici, le modèle n’est plus une promesse, il est désormais montré. Moïse ne doit ni improviser ni interpréter : il doit reproduire fidèlement ce qu’il a vu. Enfin, dans Exode 39:42–43, la Bible conclut : « Les enfants d’Israël firent tous ces ouvrages, en se conformant à tous les ordres que l’Éternel avait donnés à Moïse. Moïse examina tout le travail ; et voici, ils l’avaient fait comme l’Éternel l’avait ordonné… Et Moïse les bénit. »
Le texte est clair :
- le travail a été exécuté selon les instructions,
- le travail a été évalué,
- et parce qu’il était conforme au modèle, il a été approuvé et béni.
L’évaluation divine ne se fait pas sur l’effort, mais sur la conformité au modèle.
Chaque jour, nous nous évaluons, souvent sans en avoir conscience. Cette évaluation touche tous les domaines de la vie . Chaque jour qui passe, nous faisons des bilans silencieux : sur nos choix, nos résultats, nos échecs, nos progrès. L’évaluation n’est donc pas un événement exceptionnel, c’est un processus quotidien. La vraie question n’est pas si nous nous évaluons, mais selon quel modèle nous le faisons. C’est pourquoi je vous propose sept modèles d’évaluation, sept repères pour nous examiner avec lucidité et nous réaligner correctement.
1. L’évaluation physique : le corps
L’évaluation physique consiste à examiner l’état de son propre corps : santé, limites, douleurs, forces et fragilités. Le corps fait partie intégrante de notre vie et de notre relation avec Dieu. Dans Job 2:4–8, la Bible dit : « Peau pour peau ! Tout ce qu’un homme possède, il le donne pour sa vie. Mais étends ta main, touche à ses os et à sa chair, et je suis sûr qu’il te maudira en face. » L’Éternel dit à Satan : « Voici, je te le livre ; seulement, épargne sa vie. » Alors Satan frappa Job d’un ulcère malin, depuis la plante du pied jusqu’au sommet de la tête. Et Job prit un tesson pour se gratter et s’assit sur la cendre. Job était conscient de l’état de son corps. Il ne niait ni sa souffrance ni sa condition.
Reconnaître sa réalité physique, ce n’est pas manquer de foi, c’est faire une évaluation lucide.
Dans Jean 9, la Bible parle d’un aveugle de naissance. Cet homme savait qu’il était aveugle. Après sa rencontre avec Jésus et sa guérison, lorsqu’on l’interrogea, il déclara clairement : « C’est cet homme, Jésus, qui m’a guéri. » Il s’est évalué avant et après son intervention. Il n’a ni exagéré son état passé, ni minimisé l’œuvre accomplie. Aujourd’hui, certains parmi nous ont déjà été guéris par Jésus, d’autres attendent encore leur guérison. Quelle que soit la situation, restons fidèles, honnêtes dans notre évaluation, et attachés à Celui qui a autorité sur le corps.
2. L’évaluation financière
Dieu, dans son amour, nous a rachetés et nous a permis de posséder ce que nous avons aujourd’hui. Rien de ce que nous détenons n’est étranger à Sa grâce. Le problème n’est pas la bénédiction. Le problème, c’est notre attitude après la bénédiction. Avant d’avoir des moyens, beaucoup étaient assidus à l’église, constants dans la prière, dépendants de Dieu ; Mais après avoir reçu les biens, certains se sont éloignés de Celui qui les a bénis. L’évaluation financière ne consiste donc pas seulement à compter ce que nous avons, mais à se demander honnêtement : où en suis-je avec Dieu depuis que j’ai reçu cette bénédiction ? La Bible nous montre l’exemple de Job. Il a connu une grande prospérité, puis une perte totale. Lorsque tout lui a été retiré, on l’a accusé d’avoir péché contre Dieu, on a cherché une faute pour expliquer sa chute. Pourtant, Job est resté ferme. Il a refusé toutes les accusations, conscient qu’il était juste devant Dieu. Sa foi n’était pas attachée à ses biens, mais à sa relation avec Dieu.
S’évaluer financièrement, c’est donc vérifier si notre fidélité dépend de ce que nous possédons ou de Celui que nous servons.
3. L’évaluation matérielle
L’évaluation matérielle concerne la quantité des biens que Dieu nous accorde et surtout l’impact réel de ces biens dans nos vies. S’évaluer matériellement est primordial pour comprendre si ce que nous possédons nous élève ou nous détourne. Dans Luc 12, Jésus parle de l’homme riche qui décide de démolir ses greniers pour en bâtir de plus grands, estimant qu’il deviendra encore plus riche. Il possédait beaucoup, mais sa réflexion était centrée uniquement sur l’accumulation et la sécurité matérielle. Aujourd’hui encore, nous pouvons avoir beaucoup de vêtements, de biens, de projets et de réserves. La question n’est pas ce que nous avons, mais pourquoi nous l’avons : est-ce pour glorifier Dieu ou pour nourrir l’orgueil ? Frères et sœurs, matériellement, l’Éternel nous a bénis. Mais où est-ce que cette bénédiction nous conduit ?
Chez certains, après la bénédiction, on observe :
- L’oubli de Dieu
- L’éloignement de l’Église
- L’orgueil
- La dépendance à l’argent
- Le mépris des autres
- L’injustice
- L’ingratitude
- La dureté du cœur
- Le relâchement spirituel
- La rupture des relations
- Après avoir été béni, certains se permettent de multiplier les relations, de prendre des femmes, de s’adonner à la débauche, pensant que les moyens financiers justifient ou couvrent le péché.
La Bible nous montre aussi Abram et Lot, tous deux richement bénis. À cause de leurs biens, ils se sont séparés. Lot a fini par oublier son oncle, tandis qu’Abraham est resté fidèle, respectueux et reconnaissant. La bénédiction n’a pas changé le cœur d’Abram ; mais elle a révélé celui du Lot. Lorsque Dieu nous bénit matériellement, quelle attitude adoptons-nous ? Cherchons-nous à écraser les autres, à marcher sur tout le monde pour posséder davantage, ou à rester juste devant Dieu ? Évalue-toi.
4.Évaluation intellectuelle
Si tu t’estimes intelligent, ou si ton intelligence est évidente aux yeux de tous, est-ceune raison de te moquer des autres ? Non. Lorsque Dieu nous donne l’intelligence, ce n’est pas pour écraser, mais pour servir. L’intelligence donnée par Dieu est un outil d’aide, pas une arme de domination. Elle doit élever les autres, non les humilier. De l’autre côté, par manque d’intelligence ou de formation, comment certains agissent-ils ? Ils trichent, ils corrompent, ils mentent, ils manipulent. Certains vont jusqu’à hypothéquer leur propre corps pour obtenir des services ou des avantages, faute de discernement et de sagesse. Pose-toi aussi cette question concrète : lorsque tu te retrouves au milieu d’amis qui parlent couramment une langue que tu ne maîtrises pas, complexes-tu ? Te tais-tu par peur ? Te dévalorise-tu intérieurement ? Ou cherches-tu à apprendre et à progresser ? Dans Exode 18, lorsque Jéthro rend visite à Moïse, il ne parle pas immédiatement.
Il s’assoit, observe, analyse. Son intelligence fonctionne. Puis il intervient et conseille à Moïse de modifier sa manière de travailler, afin d’éviter l’épuisement et d’améliorer l’organisation. Moïse aurait pu se vexer ; Mais il a écouté, parce que l’intelligence véritable accepte le conseil.
Frères et sœurs, comment utilises-tu ton intelligence ? Nous sommes à la fin de l’année : c’est le temps de l’évaluation.
L’intelligence qui vient de Dieu construit, elle ne méprise pas. Évalue-toi.
5. L’évaluation spirituelle
Autrefois, nous étions assidus au culte, animés par l’amour de Dieu avec enthousiasme et abnégation ; Aujourd’hui, beaucoup ont perdu ce premier amour : l’envie de servir Dieu, de rester dans Sa présence. Cette baisse se manifeste concrètement par :
- la communion fraternelle qui s’effrite ;
- la lecture biblique est irrégulière, souvent négligée ;
- le culte familial est délaissé ;
- la fidélité dans les offrandes et dîmes est remise en question, parfois par indifférence ou par calcul : “Est-ce pour enrichir les pasteurs ?”
Après la quête du baptême du Saint-Esprit, vérifie si cet Esprit n’est pas encore actif en toi. Il peut encore agir cette année, si tu le désires vraiment. Évalue-toi.
Paul dit : “Je parle en langue plus que tous.” Et toi ? Peux-tu dire : “Je lis la Bible plus que tous” ? Quand le pasteur prêche, il nous rappelle simplement ce que Dieu attend de nous. Le résultat ne dépend pas du pasteur, mais de toi-même.
Lire la Bible en entier est une bonne chose, mais appliquer ses enseignements est ce qui transforme la vie.
Concernant les offrandes, dîmes et contributions :
- Es-tu fidèle pour aider les démunis, comme Dieu nous le demande Matthieu (25:35-40),
- Es-tu fidèle en donnant ta dîme ou tu dis que cela va enrichir le pasteur.
Bien-aimés, sachons que la dîme n’enrichit pas le pasteur mais elle nous enrichit nous-mêmes.
- Es-tu fidèle dans les contributions ou ne donnes-tu que lorsque cela t’arrange ?
L’évaluation spirituelle implique de regarder si nous sommes encore :
- assidus à la prière, au culte et à la lecture biblique ;
- attentifs à vivre la justice, la compassion et la charité que la Bible enseigne ;
- prêts à offrir sans calcul, pour l’œuvre de Dieu et pour les autres.
Frères et sœurs, la fin de l’année est l’heure de l’évaluation. Ne te contente pas de l’apparence : scrute ton cœur, tes habitudes, tes contributions, ta fidélité, et désire une vie spirituelle renouvelée.
6. L’évaluation sociale
Nous vivons dans une société où la Bible nous appelle à vivre en paix avec tous (Romains 12:18), que nous ayons raison ou tort. Même si nos difficultés proviennent parfois de la méchanceté ou de la sorcellerie de nos proches, notre rôle est de rester pacifiques. Nous ne devons pas réagir comme tout le monde le fait. Le païen agit selon sa nature, mais nous nous sommes les instruments de Dieu pour amener les autres à Lui. Et cela passe par une cohabitation paisible. L’évaluation sociale consiste donc à examiner notre manière d’interagir avec les autres :
- Évitons les commérages, les critiques gratuites et les disputes inutiles (Proverbes 16:28).
- Soyons respectueux et patients, même avec ceux qui nous blessent.
- Aidons nos voisins et amis, non par intérêt, mais par amour sincère.
- Cultivons des relations basées sur la justice, la fidélité et l’intégrité, et non sur la manipulation ou l’apparence.
Être béni socialement ne signifie pas avoir des relations faciles ou seulement profitables. C’est savoir vivre selon les normes de Dieu, refléter Son caractère dans nos paroles, nos actions et nos choix. Évalue-toi : tes relations, ton comportement, ton influence autour de toi conduisent-elles les autres vers Dieu ou les éloignent-elles ?
7. L’évaluation familiale
Prenons l’exemple de Naomi. Elle avait quitté Bethléem pour Moab à la recherche de nourriture. Mais ce déplacement, que nous pourrions considérer comme une fuite, faisait partie du plan de Dieu : c’est ainsi qu’elle rencontra Ruth et qu’elle fut amenée à Dieu. Dieu connaît la raison de notre naissance dans nos familles, même celles que nous aurions tendance à rejeter ou à négliger. Alors, demandons-nous :
- Combien de temps passons-nous réellement en famille ?
- Combien de temps consacrons-nous à nos parents ?
- Combien de temps partageons-nous avec notre époux ou votre épouse ?
L’évaluation relationnelle consiste à examiner notre marche dans nos relations, qu’elles soient familiales, amicales, amoureuses ou professionnelles. Dans ce monde où tout le monde court après le succès et la performance, il est facile d’oublier l’essentiel ; Mais évalue-toi : quelle trace laisses-tu à ta famille ?
Quelle influence, quel héritage culturel, spirituel ou moral transmets-tu à ceux qui t’entourent ?
Nos relations sont des instruments que Dieu utilise pour nous former et pour bénir les autres. Ne les néglige pas.
L’évaluation n’est pas un exercice théorique : elle est essentielle à notre vie chrétienne et à notre succès.
En définitive, l’évaluation permet de connaître sa position par rapport à son objectif ultime, qui, pour le chrétien, est notre destinée éternelle. Sans cette connaissance, il est impossible de progresser avec précision. Elle permet de découvrir ses erreurs et les domaines où il faut redoubler d’efforts et de développer de nouvelles stratégies pour atteindre ses objectifs qui parfois nécessitent du matériel ou des personnes ressources.
L’évaluation est importante à court terme, moyen terme et long terme. C’est une nécessité, pas une option.
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